• L'évolution de l'alcoolisme au cours du temps.

     

     

     Alcool et histoire : l’alcoolisme un fléau social du XXème siècle à nos jours !

     Depuis de très nombreuses années, l'alcool fait entièrement partie de notre culture et de nos moeurs. En effet depuis le temps des Romains, où nous le trouvions sur les tables lors de grands banquets ou de grandes réceptions (même si le vin des Romains se rapprochait plus du vinaigre que des grands crus actuels), il était déjà considéré comme un met indispensable à la bienséance de la société. Cependant, au fil des siècles, l'alcool a perdu son image de marque. Il est aujourd'hui utilisé à n'importe quelles occasions, et les consommateurs boivent de l'alcool de plus en plus seul, notamment chez les adultes. Par ailleurs, une partie des consommateurs prévoient leur consommation d'alcool : les jeunes de moins de 18 ans prévoient par exemple de s'enivrer lors d'une soirée.

    II. L'évolution de l'alcoolisme au cours du temps.

     

     

    Introduction :


     

    L’alcool est un fléau qui touche près de 5 millions de personnes en France dont deux millions sont dépendantes.

                 Le mot alcool descend du mot arabe AL KHOL, apparu dans la péninsule ibérique.

                Nous n’avons pas de dates précises qui marquent la découverte de l’alcool ou le début de sa consommation. Mais les hypothèses sont que la consommation d’alcool date du Néolithique (période de la préhistoire de 9000 à 3300 avant Jésus Christ) avec l’apparition de la bière en Mésopotamie.

                  L’alcool a toujours été présent dans plusieurs religions. Il est donc assimilé à un produit divin, notamment dans la religion chrétienne où le vin est associé au sang du Christ. Mais même bien avant, pendant l’Antiquité puisqu’il existait des dieux du vin comme Dionysos en Grèce, et de Bacchus à Rome. Au Moyen-Age, au retour des croisades en Terre-Sainte (Jérusalem), les chrétiens ont ramené l’alambic (appareil qui permet de distiller l’alcool). C’est alors que des boissons distillées dans l’alambic (plus fortes) ont fait leur apparition et c’est aussi à cette époque que le marché de l’alcool est apparu !  

    L'évolution de l'alcoolisme au cours du temps.

      

     

                 Dessin d’un alambic

     

     

     

      

    1) L’alcool au XXème siècle. 

    Au début du XXème siècle, les ouvriers pouvaient boire jusqu’à deux litres de vin au déjeuner notamment à cause des conditions de travail, très difficiles à l’époque. Il n’y avait pas de règles ni de lois qui pouvaient modérer la consommation d’alcool.

     

    Pendant ce siècle l’alcoolisme a fortement augmenté et a été considéré comme quelque chose de mal, comme un vice. Notamment après la seconde guerre mondiale puisque l’on voit apparaitre les premiers centres de désintoxication qui étaient appelés « cures de dégout » et visaient à enfermer l’alcoolique et à lui donner une quantité importante de médicaments. 

       Ce n’est que dans les années 1950 que l’alcoolisme a été considéré comme une maladie et non plus comme un vice. Mais cette conception de l’alcoolisme n’était pas approuvée par la majorité des français. Il faut maintenant aider les alcooliques puisqu'ils sont malades. Par ailleurs c’est à cette époque que le gouvernement a mis en place des politiques de lutte et de prévention contre l’alcoolisme. En effet à partir de 1954, cette lutte a commencé par la réduction de l’offre d’alcool aux français en fermant les débits de boissons alcoolisées et en mettant un certain nombre de règles sur les points de vente d’alcool. Pour que les salariés ne soient plus obligés de consommer de l’alcool sur leurs lieux de travail, il est imposé aux employeurs de mettre à disposition des salariés de l’eau potable. En parallèle, la prévention a commencé à se mettre en place, en particulier la prévention routière et scolaire grâce à des publicités anti-alcool.

     Dans les années 1970 les discours antialcooliques commencent à changer, et même certains commencent à émettre l’idée que l’alcool est un produit assimilable aux drogues, même si ce n’est pas clairement énoncé et certainement pas accepté par tout le monde, puisque pour la plupart des gens « l’alcool, ce n’est pas pareil ». A contrario, on voit apparaitre des mesures semblables à celles que l’on utilise pour soigner la dépendance aux drogues pour soigner celle à l’alcool (cures, groupes de parole, psychothérapies, sevrages…) par exemple, les centres d’hygiène alimentaire sont créés en 1975 par Simone Weil en France.

     Ce n’est qu’à partir des années 1980 que les paroles se transforment en actes ; l’Association Nationale de Prévention de l’Alcoolisme (A.N.P.A) est alors créée. Son but est de faire de la prévention alcoolique pour changer les mentalités de la plupart des personnes qui sont alors restées dans l’idée que les alcooliques sont des gens « viciés». Cette prévention a pour but de sensibiliser non plus seulement les alcooliques, mais tout le monde puisque bien que les alcooliques soient une minorité de personnes, chacun peut tomber dans une dépendance à l’alcool au cours de sa vie en fonction d’une multitude de facteurs. Cette prévention est accompagnée de nouvelles réglementations :                                                                                                                                 - Mise en place de publicités préventives comme en 1984 « Un verre ça va, trois verres…bonjour les dégâts ».
    - Aggravation des peines pour conduite en état d'ivresse en 1985.
    - Enseignements sur l’alcool pour les études de médecine, des professions paramédicales, des juristes et des travailleurs sociaux.

     Ce n’est qu’en 1999 que la Mission Interministérielle de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie (MILDT) a ajouté l’alcool dans les substances psycho-actives dangereuses  (définition : Une substance psycho-active est une substance naturelle ou synthétique qui agit sur le psychisme en modifiant son fonctionnement. Elle peut entraîner des changements dans les perceptions, l'humeur, la conscience, le comportement).

      

       Le XXème siècle est le siècle du changement sur le thème de l’alcoolisme ; c’est pendant cette période que ce dernier s’est développé, mais nous avons surtout pris conscience de l’importance de ce fléau. De plus, nous avons mis en place des mesures pour prévenir  cette maladie (reconnue seulement comme telle au milieu du XXème). Mais qu’en est-il aujourd’hui ? L’alcoolisme est toujours bien présent au XXIème siècle.

     

    2) L’alcool aujourd’hui, au XXIème siècle.

                Aujourd’hui la prévention continue mais les problèmes d’alcoolisme ne sont pas pour autant réglés : l'état français comptait 100 000 personnes en 2003 qui consultaient des centres de cure, et 48 000 faisaient un sevrage avec un médecin. De plus, en 2002, 93 000 hospitalisations étaient dues à la consommation d’alcool. La prévention s’est donc encore accentuée, notamment pour lutter contre la consommation excessive d’alcool chez les jeunes.

                Nous allons donc nous intéresser à la consommation d'alcool des jeunes français.

    Au commencement, les jeunes consomment de l’alcool avec leur famille, à la maison ou au restaurant. Mais dans ce cas ce n’est pas le plus grave, puisque cette consommation reste contrôlée par leurs parents. Mais plus tard, une grosse partie des jeunes cessent de consommer en famille, mais plutôt avec des amis en soirée ou dans les cafés. A 20 ans les trois-quarts des jeunes consomment en dehors de chez eux, le week-end et le soir.

    Si l’on fait une comparaison entre la consommation d’alcool chez les garçons et les filles de moins de 18 ans, on constate que les garçons issus de milieu aisé (leurs parents ayant souvent fait des études supérieures) consomment plus facilement de l’alcool, ou bien lorsqu’ils pratiquent un sport, alors que les filles consomment lorsqu’elles ont des problèmes avec leurs parents, ou à l’école…

    D’autre part certains jeunes consomment de l’alcool pour s’intégrer à un groupe. Le groupe peut alors consommer de l’alcool à cause d’un manque de loisir par exemple. L'effet de groupe est un facteur important pour étudier la consommation d'alcool chez les jeunes, car il pousse ces derniers à des actes de plus en plus osés, notamment pour se faire remarquer.

    Mais les jeunes peuvent aussi consommer de l’alcool pour vaincre leur timidité notamment chez les jeunes garçons pour leur permettre d’aborder plus facilement les filles. L’alcool est un produit qui a la réputation trop répandue de soulager et de donner de l’espoir.

    On constate également que les jeunes consomment peut-être moins fréquemment, mais en plus grande quantité et surtout des alcools plus forts que la majeure partie des adultes. Auparavant ces derniers consommaient en moyenne moins d'alcool que leurs enfants.  

       De plus, actuellement, les jeunes planifient leurs moments d'ivresse, ils peuvent se fixer des « challenges » pour savoir qui consommera le plus.

    C’est pourquoi la prévention s’est encore intensifiée au XXIème siècle avec de nouvelles campagnes publicitaires telle que « Attention l’abus d’alcool est dangereux pour votre santé » après chaque publicité pour un produit alcoolisé.   

    La répression s’est aussi accentuée avec une augmentation du nombre de points retirés sur le permis de conduire pour les conduites en état d’ivresse (il faut rappeler que l’alcool est la cause principale des accidents mortels en voiture et notamment sur autoroutes). 

     

     

     

        L’alcoolisme n’est donc toujours pas un problème résolu aujourd’hui. D’autant plus que même sans parler d’alcoolisme, la consommation, même occasionnelle en trop grande quantité, plus particulièrement chez les jeunes, est très dangereuse pour leur vie puisqu’ils n’ont plus conscience du danger. Par leurs comportements, ils mettent également la vie d’autres personnes en péril (par exemple sur la route). Pour le moment ni la prévention, ni la répression n’ont su enrayer totalement ce phénomène.